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Tour de France

J'ai passé mon enfance sur les courses cyclistes, mon père nous imposant ce rituel chaque week end. J'ai machinalement enregisté de tas de détails : l'odeur du camphre, du musclor et des graisses, les sons des pignons qui craquent lors des chagements de vitesse, ces centaines de pédales qui s'enclenchent lors du départ de la course, ces visages de souffrance...

La saison estivale arrivant, le tour de France était pour moi un évènement fantastique : voir tous ces Hommes que j'admirais et que je rêvais un jour de côtoyer. Assister au tour, qui plus est dans les alpes, était un privilège dont je ne me remettais pas. Voir tant de spectateurs débouler de nulle part, parlant ces langues si bizarres, tapisser les routes de toutes les couleurs, passer des journées à attendre, c'était un peu fou, incompréhensible mais si magique.

Lorsque les premières motos arrivaient, la chaire de poule me gagnait. Tout s'accélèrait alors, les girofares, les sirènes, la route compressée par l'hystérie collective, les hurlements de chacun pour le coureur de son club, ville ou pays, ce sont des sensations qui font naître des envies immenses.

Les années passant, je me suis également fait prendre par ce sport et ses rituels : vacciné avec un rayon de vélo comme disait mon père. Goûter aux classiques belges des Juniors est un souvenir énorme : la foule, les directeurs sportifs, tous ces noms que je voyais dans les magasines, mais également la difficulté des courses où le vent et la tension font que le jambes deviennent dures dès le début.

Et puis tout s'arrête une soirée d'hiver lorsqu'un coup de télephone annonce le décès de l'entraineur qui m'avait fait confiance.

Amertume, dépit, le bac arrive et les courses s'éloignent...c'est la fin de mon "ère" compétition.

Maintant encore, même si mon vélo est toujours largement mon ami, il me reste un goût d'inachevé. Mais, lorsque je passe le Galibier au mois d'octobre, col desert balayé par ce vent glacial, je me rends compte combien la notoriété est éphémère. Cependant j'aime encore fermer les yeux, ignorer toutes les salissures que ce sport connaît, et imaginer la sensation que cela doit procurer de faire "la première trace" du col et de le gravir en tête lors d'une étape du Tour.

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